Brexit : l’Irlande va-t-elle conduire à un « hard Brexit » ?

Mis à jour : 4 oct. 2018


© Noorinfo

Les faits :

Un sommet européen informel les 19-20 septembre en Autriche a mis en exergue la difficulté de trouver un accord sur la situation de l’Irlande après la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne le 29 mars prochain.


Mon décryptage :

L’Irlande est divisée en deux parties : la République d’Irlande (dit Irlande) et l’Irlande du Nord. L’Irlande est un état indépendant de 4,8M d’habitants majoritairement catholiques, membre de l’Union Européenne depuis le 1/1/1973 et membre de la zone euro depuis le 1/1/1999. L’Irlande du Nord est un pays de 1,8M d’habitants (48% protestants, 45% catholiques) qui dépend du Royaume-Uni.


La sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne établit donc une fracture entre ces 2 parties irlandaises. Le sujet est d’autant plus délicat que ces deux pays ont signé il y a 20 ans un accord de paix mettant fin à 30 ans de guerre civile entre les nationalistes catholiques irlandais et les loyalistes protestants attachés au Royaume-Uni. La mise en place d’une frontière entre le Nord et le Sud risquerait de raviver les flammes de ce conflit.


Ni le Royaume-Uni ni l’Union Européenne ne souhaitent le rétablissement d’une frontière.


Problème : leurs propositions sont incompatibles entre elles.


L’Union Européenne propose que l’Irlande du Nord ait un statut douanier séparé du reste du Royaume-Uni, aligné sur les règles de l’Union Européenne, appelé « Irish backstop ». Il faudrait cependant une frontière maritime entre l’Irlande du Nord et le Royaume-Uni.


T. May s’y oppose fermement car cela romprait l’unité du Royaume-Uni. Elle doit aussi respecter la volonté du DUP (Democratic Unionist Party) en Irlande du Nord, avec lequel elle a signé un accord de gouvernement en juin 2017 et qui y est opposé, au risque de menacer sa majorité parlementaire.


T. May propose, dans son plan « Chequers », du nom de sa villégiature officielle, une sorte d’Union douanière, où le Royaume-Uni collecterait les droits de douane en Irlande du Nord avec des taux différents selon le pays de destination à qui il reverserait ce qui lui revient.


Inacceptable pour l’Union Européenne qui n’a aucune intention de déléguer sa politique douanière, y voit une incapacité à contrôler les flux de marchandises sans frontière et une source de fraude.


Le comble : les Irlandais du Nord ont voté à 56% contre le Brexit et seraient même 70% aujourd’hui à vouloir rester dans l’Union Européenne.


Ma recommandation :

Il va falloir que le Royaume-Uni et l’Union Européenne fassent rapidement preuve d’imagination pour se sortir de cet imbroglio irlandais car aucun compromis n’est apparu lors du sommet de Salzbourg. Le calendrier semble difficile à respecter : les conditions du Brexit devraient être approuvées lors d’un sommet extraordinaire les 13 et 14 novembre. Le Parlement britannique et le Parlement européen devront ensuite ratifier le texte avant le 29 mars 2019, date de sortie officielle du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Il est cependant prévu une période de transition jusqu’à fin 2020 durant laquelle le Royaume-Uni restera dans l’union douanière européenne. Tous les scénarios sont encore possibles : « hard Brexit » ou « soft Brexit » car même si la volonté des 2 parties de trouver un accord est réelle, encore faut-il que cet accord soit ratifié par le Parlement britannique.


Le baromètre de la situation est la livre sterling : après avoir baissé de 20% depuis le référendum du 23 juin 2016, la livre sterling s’est stabilisée autour d’1,13€.Un rebond est probable en cas d’accord mais sans accord, certains experts prévoient qu’elle pourrait atteindre 1 €.



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