Chine : une décision inquiétante ?


© Maison des sciences de l'Homme

Les faits :

Pour la quatrième fois cette année, la banque centrale chinoise a décidé de diminuer le montant des réserves obligatoires des banques afin de réinjecter des liquidités dans l’économie. Une mesure destinée à mieux « piloter » le ralentissement économique chinois.


Mon décryptage :

En 10 ans, l’économie de la Chine s’est profondément transformée. On ne peut plus parler d’économie émergente. La part des services est désormais dominante avec 52% du PIB contre 42%. Et son rythme de croissance s’est naturellement amoindri avec une croissance du PIB de près de 6,5% en 2018 contre 10% au début des années 2000.


Pour atténuer la crise financière de 2008, le gouvernement a pris des mesures de relance de l’économie avec notamment un plan important de développement des infrastructures. Celles-ci sont un élément très significatif de l’économie chinoise avec 20% du PIB en 2017.


L’endettement total s’est alors envolé, passant de 164% du PIB à 265% du PIB (économistes Bloomberg).

Depuis début 2017, réduire cet endettement est devenu une priorité des autorités chinoises qui prennent régulièrement des mesures pour limiter la progression du crédit.


La décision de réduire le montant des réserves obligatoires des banques peut donc apparaître comme un changement de priorité. Ces réserves sont en effet le montant minimum des dépôts que les banques doivent détenir par rapport à l’enveloppe des prêts consentis. Moins de réserves obligatoires signifie plus de crédits à octroyer.


En réalité, c’est la 4ème fois cette année qu’une telle mesure est prise. Il s’agit d’ajuster la politique chinoise aux réalités conjoncturelles. C’est un difficile exercice d’équilibriste pour diminuer l’endettement total du pays sans menacer la croissance économique.


La hausse des tarifs douaniers commence en effet à affecter le secteur manufacturier. Le dernier indicateur avancé mesurant l’activité à travers des enquêtes auprès des directeurs d’achats, le PMI manufacturier (Purchasing Manager’s Index) a reculé à 50 en septembre. Même si le PMI mesurant les services a, au contraire, progressé à 53,1.


Pourquoi il est essentiel d’observer la Chine ?


Le poids de la Chine dans l’économie mondiale a considérablement augmenté depuis son entrée dans l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) en 2001 ; il était d’à peine 3% il y a 20 ans contre 15% aujourd’hui. Avec 12 000 Mds$, la taille de son PIB est presqu’équivalente à celle de la zone euro (13 000Mds$). Selon le FMI, la Chine aurait contribué à plus d’un tiers à la croissance mondiale depuis 5 ans. Elle joue aussi un rôle majeur dans le commerce mondial.


Ma recommandation :

Le marché chinois est en recul de 22% depuis le début de l’année, les investisseurs s’alarmant d’un ralentissement trop prononcé de l’activité économique. Un sentiment renforcé par la mise en place de taxes douanières à l’initiative de D. Trump. Indéniablement, le rythme de croissance de la Chine est amené à diminuer dans les prochaines années. Mais cela ne va pas empêcher le fort développement d’entreprises dans les domaines technologiques, des services et de la consommation dont les valorisations sont très raisonnables. Les valeurs chinoises de qualité restent un investissement intéressant pour les années à venir et leur chute récente pourrait bien être une opportunité.




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