Crise Argentine : une alerte dans un monde trop endetté ?

Mis à jour : 12 oct. 2018


© Photo JDD (Reuters)

Les faits :

L’Argentine a demandé au FMI (Fonds Monétaire International) de débloquer en urgence 29Mds$ sur le prêt de 50Mds$ obtenu en juin (le plus important depuis la création du FMI) et a augmenté son taux d’intérêt de 40% à 60% pour lutter contre la chute de 52% de sa devise depuis fin 2017.


Mon décryptage :

Le cas extrême de l’Argentine pourrait laisser penser que c’est un cas isolé. Le pays cumule en effet tous les ingrédients d’une crise de solvabilité : double déficit, budgétaire (-8,7% du PIB) et balance courante (10,4%), inflation proche de 30%, taux de dépendance des financements extérieurs très élevé avec une dette en devises étrangères égale à 50% du PIB, perte de confiance des investisseurs (démission du président de la banque centrale en juin, doutes sur le respect du plan d’austérité)


Mais il rappelle la fragilité d’un monde très endetté : la dette mondiale cumulée (Etats, entreprises, ménages) représente près de 327% du PIB (source IIF Institute of International Finance) soit 3 années de richesse créée au niveau mondial.


L’endettement n’est pas un problème tant que le service de cette dette (les intérêts payés) est gérable et ne représente pas un poids trop important dans le budget des Etats et tant que la confiance des investisseurs permet de financer la dette


Le coût de la dette dépend du niveau des taux d’intérêt. Ceux-ci restent très bas dans les pays où la confiance est de mise et l’inflation contenue mais ont brutalement augmenté dans certains pays (Turquie, Brésil, Indonésie, Inde, Italie)

Problème : une large partie de la dette mondiale est libellée en dollars et dépend donc des taux américains ; les taux 10 ans ont presque doublé depuis début 2016 (2,9% contre 1,5%) et surtout les taux 2 ans sont passés de moins de 1% en 2016 à plus de 2,6% aujourd’hui, conséquence de la « normalisation » de la politique monétaire américaine


Ma recommandation :

La dette redevient un sujet de préoccupation, alimentée par le resserrement monétaire aux Etats-Unis et les craquements des pays les plus fragiles. Se concentrer sur les pays et les entreprises les plus solides dans ce contexte : le taux d’endettement et la capacité à rembourser ses dettes doivent devenir des critères de sélection majeurs. Ne pas hésiter à maintenir un niveau de liquidités important. Observer attentivement la politique monétaire américaine : J. Powell, président de la FED (banque centrale), prendra t’il en compte ce contexte international et stoppera t’il la hausse des taux prévue ?



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