Dix ans après la faillite de Lehman : plus jamais ?


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Les faits :

Le 15 septembre est le dixième anniversaire de la faillite de la 4ème plus grande banque d’affaires américaine, Lehman Brothers qui a provoqué la plus grave crise financière depuis le krach de 1929. L’injection massive de liquidités par les banques centrales a permis d’éviter la dépression et de renouer avec une croissance économique mondiale proche de 3,5%.


Mon décryptage :

La règlementation bancaire s’est considérablement renforcée : augmentation du contrôle des risques (tests de résistance en cas de scénarios de stress) et de la supervision bancaire, exigences de fonds propres accrues, limites de certaines activités, mise en place de nouvelles règles en cas de faillite des banques (en théorie, les investisseurs seront les premières victimes avant le sauvetage par les Etats et donc les contribuables).


Mais la capitalisation du secteur bancaire européen est inférieure de 56% par rapport à juin 2007 contrairement au secteur bancaire américain en hausse de 18%.


Les banques européennes détiennent massivement la dette des Etats européens ce qui les rend dépendantes de la santé financière de ces mêmes Etats. Le secteur est en baisse de 13% depuis début 2018.


La taille du bilan des banques centrales a considérablement augmenté (multiplié par près de 4 en 10 ans). L’heure est aujourd’hui aux tentatives de « normalisation » des politiques monétaires.


Mais ces politiques sont divergentes : la FED (banque centrale américaine) a commencé à réduire la taille de son bilan depuis octobre 2017 alors que la BCE (banque centrale européenne) et la BOJ (banque du Japon) continuent de la gonfler. Cela peut provoquer des tensions sur les liquidités en dollars.


Aparté : aucun des responsables de la crise financière n’a été « inquiété ». Dick Fuld, le patron de Lehman en 2008 continue de prodiguer ses conseils financiers à travers sa société Matrix. Et John Paulson, connu pour avoir massivement spéculé contre la dette grecque et les obligations « subprime » à l’origine de la crise de 2007, conseille aujourd’hui le président américain D. Trump. Les bonus payés à Wall Street atteignent les mêmes niveaux qu’en 2007 : 31,4Mds$ contre 33Mds$.


L’apparition de nouveaux risques :


La part de financements hors du circuit bancaire a beaucoup augmenté et n’est pas contrôlée. C’est ce qu’on appelle le « shadow banking » ou la finance de l’ombre : selon le Conseil de Stabilisation Financière (organisme crée en 2009 regroupant banquiers centraux et régulateurs), elle représenterait 45 000 Mds$, soit 13,4% des actifs financiers mondiaux et 2,6 fois le PIB américain. Il s’agit de toutes les entités non bancaires engagées dans des activités de collecte et de prêt d’argent.


La part de la dette « offshore » en dollars a doublé en 10 ans (The Economist) ce qui rend le monde plus fragile en cas de hausse des taux américains. Rappelons que la dette mondiale est passé de 150% à 327% du PIB sur la période.


Le poids des investissements passifs (fonds indiciels), des stratégies automatisées par des algorithmes et des tables de trading automatiques, s’est considérablement accru : selon JP Morgan, les fonds quantitatifs représenteraient les 2/3 des actifs gérés mondialement et 90% des transactions quotidiennes. Ils accélèrent et amplifient les chutes boursières.


La cybersécurité : les banques pourraient être l’objet d’attaques de « hackers » qui s’introduiraient dans leur système informatique et paralyseraient leur activité.


Ma recommandation :

Investir sur les marchés financiers nécessite d’être capable de subir de fortes baisses de capital à certaines périodes et de garder son sang froid pendant les crises périodiques. Mais sur le long terme, les marchés actions doivent permettre une valorisation du capital : un placement en actions mondiales (indice MSCI World Index) à la veille de la crise de 2007 a permis un rendement annualisé de 4 % en euros (au 12/9/2018). Des investissements réguliers et périodiques doivent permettre d’amortir les chocs.



© 2019 Mes clés pour investir  par Olivia Giscard D'Estaing.  Site réalisé sous Wix par Easy Site Shop

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