Donald Trump seul face au ralentissement économique ?

Mis à jour : 24 sept. 2019


Donald Trump dans le bureau ovale. © AFP/Saul Loeb

Les faits :

Le 23 août, Donald Trump a annoncé une hausse des droits de douane de 15% sur 300 milliards de dollars d’importations chinoises dès le 1er septembre et une augmentation de 25% à 30% des droits de douane sur 250 milliards de dollars sur d’autres produits importés à partir du 1er octobre. Les Chinois ont immédiatement répondu avec l’instauration de droits de douane de 5% à 10% sur 75 Milliards de dollars d’importations américaines dès le 1er septembre. Même si les deux partenaires continuent de négocier, cela a relancé les craintes d’une récession aux Etats-Unis. Qu’en est-il ?


Mon décryptage :

Pour l’instant, la consommation (68% du PIB américain) ne fléchit pas aux Etats-Unis. Elle a même progressé au rythme de 4,7% au deuxième trimestre, la plus forte hausse depuis le dernier trimestre 2014. Rien d’étonnant à cela. L’emploi se porte bien avec un rythme mensuel de près de 165 000 créations d’emploi depuis le début de l’année et un taux de chômage au plus bas historique avec 3,7%. Les salaires ont progressé de 3,2% sur un an en juillet pendant que l’inflation n’augmentait que de 1,8% ; le taux d’épargne atteint 8,1%. Et la confiance des consommateurs sur leur situation présente a atteint un sommet depuis novembre 2000.


Pourquoi alors craindre une récession ? Le risque viendrait d’une contagion liée au net ralentissement du cycle des entreprises. En effet, plusieurs indicateurs sont inquiétants : le PMI manufacturier (enquêtes auprès des directeurs d’achats de l’industrie) est passé en juillet en-dessous de 50 pour la première fois depuis dix ans. Rappelons que 50 est le niveau qui sépare la croissance du déclin. Cela annonce ainsi une baisse de la production industrielle. Le PMI des services a, lui aussi, nettement reculé, passant de 53 à 50,9.


En cas de ralentissement prononcé, les entreprises pourraient réduire leurs dépenses et diminuer les emplois.


D’autre part, le consommateur américain a encore peu ressenti les effets de la guerre commerciale sino-américaine. Mais il en sera tout autrement si les hausses de droits de douane annoncées par D. Trump sont effectivement appliquées.


Enfin, la récente chute des taux d’intérêt a fait couler beaucoup d’encre. On évoque l’inversion de la courbe des taux comme étant annonciateur de récession. En effet, cela coûte moins cher aujourd’hui d’emprunter à 10 ans que d’emprunter à 2 ans : 1,49% contre 1,53%.


Cela n’était pas arrivé depuis douze ans. Et il est vrai que les sept dernières récessions ont toutes été

précédées d’une inversion de la courbe des taux.


De quoi s’agit-il ? En temps normal, un investisseur qui prête sur des échéances longues exige une meilleure rémunération que s’il prête à court terme. Il veut en effet se prémunir contre l’inflation anticipée, le risque de défaut de l’Etat émetteur et de tout risque lié aux incertitudes du facteur temps.


On estime donc que si les taux à long terme sont inférieurs aux taux à court terme, c’est que les investisseurs anticipent un ralentissement de l’activité et une baisse de l’inflation.


Mais ce n’est qu’un indicateur parmi d’autres. Dans trois cas sur dix, l’inversion de la courbe des taux n’a pas été suivie d’une récession.

D’autre part, les politiques monétaires actuelles, sans précédent historique, continuent d’acheter des obligations avec des échéances long terme, faussant ainsi l’équilibre normal du marché.


Cette inversion de la courbe des taux confirme cependant que le cycle économique américain atteint un stade très avancé et que le ralentissement est en cours. La croissance du PIB au deuxième trimestre a d’ailleurs été de 2%, inférieure aux 3% du premier trimestre.


Ce ralentissement pourrait bien s’accélérer s’il n’y avait pas d’apaisement dans la guerre commerciale. Et c’est là que le bât blesse. Les Chinois vont-ils offrir à D. Trump un accord qui pourrait faciliter sa réélection ? Rien n’est moins sûr. Le temps est leur allié. Et ils préfèreront peut-être un ralentissement de leur économie à l’intransigeance et à la versatilité du président de la première puissance économique mondiale. D’autant qu’ils n’hésitent pas à utiliser l’arme de leur devise pour amoindrir les effets néfastes de la hausse des droits de douane. Ils ont en effet laissé le yuan se déprécier contre dollar de 6% depuis quatre mois.


Quant au président de la banque centrale américaine (FED), Jerome Powell, pourrait-il baisser les taux monétaires de manière plus agressive ? Rien n’est moins sûr là non plus. Les deux missions de la FED sont d’assurer le plein emploi avec une inflation maîtrisée. Deux objectifs bien atteints actuellement. Il n’est certainement pas dans son intention de cautionner les erreurs de politique commerciale de D. Trump, ni de l’encourager dans ses actions..


Ce que j'en pense :

Il ressort de cette analyse qu’il faut se préparer à un environnement marqué par un ralentissement sensible de l’économie américaine, et à des déceptions sur l’évolution des résultats des entreprises.

Cependant, face aux taux négatifs sur plus de 17 mille milliards de dollars d’obligations (l’investisseur est certain de percevoir moins d’argent que ce qu’il a investi), face à la création monétaire débridée qui interroge sur la valeur même de cette monnaie, mieux vaut investir dans des actifs réels tels que l’or ou dans des actions d’entreprises défensives.

Le rendement que procurent les dividendes des actions cotées atteint en moyenne 2% aux États-Unis et 4% en Europe.







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