Hausse des taux américains- ralentissement économique mondial : un mauvais cocktail ?


La FED

Les faits :

La hausse des taux américains s’est accélérée en réponse à la détermination du président de la FED à poursuivre le resserrement de sa politique monétaire. Au même moment, le FMI faisait part d’une révision à la baisse de ses prévisions de croissance ainsi que de ses inquiétudes sur la montée des déséquilibres mondiaux.


Mon décryptage :

Les taux américains à 2 ans ont atteint 2,9% cette semaine contre 2,6% en août et moins de 1% il y a 2 ans. En clair, cela triple le coût de financement sur cette échéance.


Cette accélération a suivi une déclaration de J. Powell, le président de la FED (banque centrale américaine) bien déterminé à respecter la hausse programmée du taux directeur (le taux auquel se refinancent les banques) : 3,10% en 2019 et 3,40% en 2020 (contre 2,25% aujourd’hui).


La « normalisation » des politiques monétaires est en cours et inquiète à juste titre les investisseurs. Il s’agit en effet de la fin d’une période de 10 ans d’injections massives de liquidités et de baisse des taux, auxquelles s’étaient habitués les acteurs économiques.


Cette hausse des taux arrive dans un monde très endetté au moment où la croissance mondiale, hors Etats-Unis, semble s’essouffler.


Le FMI (Fonds Monétaire International) vient en effet de revoir à la baisse de 0,20% ses prévisions pour la croissance mondiale en 2018 et 2019 : 3,7% au lieu de 3,9%. Une modification qui peut paraître mineure mais qui cache de profonds déséquilibres entre les Etats-Unis et le reste du monde. Et qui n’intègre pas de nouvelles hausses de taxes douanières.


Cela renforce le dollar responsable de 57% des prêts mondiaux et alourdit ainsi le coût de financement des pays émergents.


Les marchés financiers ont réagi très négativement à ce mauvais cocktail : en octobre (arrêté au 11 octobre) le marché américain (S&P 500) a perdu 4,6%, les marchés européen (Stoxx Europe 600) et japonais (Nikkei 225) 6,4%, et les marchés émergents (MSCI EM) près de 9%. La baisse a cette fois entrainé le marché américain et les valeurs de croissance jusqu’ici épargnés ( Nasdaq – 9%).


Ma recommandation :

La baisse des marchés est trop brutale pour ne refléter qu’une période de prises de bénéfices après des années de hausse soutenue. Elle traduit une réelle inquiétude par rapport à la politique monétaire américaine dans un contexte de ralentissement de l’économie mondiale. Les banquiers centraux vont-ils calmer le jeu en restant « accommodants » ou les marchés doivent-ils s’ajuster à des taux d’intérêt nettement plus élevés et à une moindre croissance des résultats des entreprises ? D. Trump va-t-il rechercher un accord commercial avec la Chine ou va-t-il mettre à exécution ses nouvelles menaces tarifaires ? Les investisseurs sont devenus soudain très pessimistes : l’indice de la peur sur le marché américain mesuré par CNN Money (fear and greed index) traduit un niveau de peur extrême et l’indice de volatilité (amplitude des cours de bourses) a doublé en un mois. Le plus souvent, c’est un signe que la baisse a été excessive.




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