Inflation : une nouvelle ère ?


© D'après Forbes.fr

Les faits :

Aux États-Unis, la hausse des prix à la consommation n’a été que de 1,5% en rythme annuel en février et de 2,1% hors alimentation et énergie. Cela après presque 10 ans de croissance économique ininterrompue et un taux de chômage à 3,8%, au plus bas depuis 19 ans.

Même les banques centrales sont prises à contrepied.

En France, le taux d’inflation est encore bien plus faible : 1,3% et seulement 0,7% hors alimentation et énergie. Que se passe t'il ?


Mon décryptage :

La banque centrale américaine (FED) s’est fixée comme objectif d’atteindre un taux d’inflation proche de 2%. Pour cela, elle observe un indice plus large et plus proche de la consommation réelle des ménages, le PCE (personal consumption expenditures). Contrairement à l’indice d’inflation le plus médiatisé, le CPI (Consumer Price index), le PCE prend en compte l’évolution du comportement des consommateurs en faisant varier son panier de biens et services ; il inclut aussi les dépenses dans les zones rurales alors que le CPI n’incorpore que les prix en zone urbaine. Il est donc plus représentatif de la réalité.


Le taux d’inflation PCE est historiquement inférieur au CPI. Cela s’est encore confirmé en février avec une hausse des prix de seulement 1,4% sur un an et de 1,6% hors alimentation et énergie. Bien loin donc de l’objectif de 2% fixé par la FED.


Cela fait presque dix ans que l’objectif de la banque centrale n’a pas été atteint malgré une économie qui semble tourner à plein régime. Le taux de chômage est en effet au niveau le plus bas depuis l’an 2000 avec 3,8%. Et les salaires augmentent à un rythme annuel de 3,4% en février, la plus forte progression depuis dix ans.


D’autre part, les banques centrales ont crée une quantité historique de monnaie. Depuis la crise de 2007-2008, la « base monétaire » mondiale a progressé de 16% par an sans provoquer de hausse des prix à la consommation : l’inflation n’a augmenté que de 1,8% sur la période.


Cela perturbe beaucoup les économistes, les banques centrales et tous ceux qui essaient de comprendre ce phénomène. S’agit-il d’une nouvelle ère ?

On peut en effet trouver des raisons structurelles à cette faible inflation.


Le développement des plateformes numériques accroît les effets de la mondialisation sur la concurrence. Les pressions sur les prix sont en effet plus fortes que jamais avec le recours aux fournisseurs les moins chers partout dans le monde.


Les relations dans le monde du travail évoluent aussi avec un nombre croissant de travailleurs indépendants et le recours accru à la sous-traitance.


Enfin, les populations vieillissent et les études montrent que la consommation diminue après 65 ans. La croissance potentielle des économies s’en trouve limitée.


Rares sont ceux qui se risquent à prévoir un net rebond de l’inflation : cela fait vingt ans que les anticipations d’inflation restent ancrées autour de 2-3% pour les États-Unis.


Ce que j'en pense :

Plus de dix ans après la crise de 2007-2008, les politiques monétaires, pourtant très accommodantes, n’ont toujours pas réussi à atteindre leurs objectifs d’inflation.

Du moins celle qui se traduit dans les prix des biens et services.

Car l’inflation des actifs financiers et immobiliers a été bien réelle. C’est là que la création monétaire s’est réfugiée.

Cette inflation n’est pas ce qui est souhaitable car elle ne peut que créer une mauvaise allocation des ressources et aggraver les inégalités.

Elle est aussi fragile, au gré d’un durcissement de politique monétaire. On l’a vu avec la chute de près de 20% des marchés financiers fin 2018.

On comprend mieux alors pourquoi Jerome Powell s’en inquiète et parle du « syndrome d’une faible inflation ».

Alors que les années 1970-80 étaient marquées par la lutte contre l’inflation, c’est le contraire aujourd’hui.

On est à la recherche d’un peu d’inflation dans l’économie réelle. Ce serait un signe de bonne santé économique.

Un équilibre délicat à trouver.








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