J. Powell, gouverneur de la FED : une dernière hausse des taux ?

Mis à jour : 18 janv. 2019


© La Liberté .ch

Les faits :

La FED (banque centrale américaine) vient d’augmenter son taux directeur pour le porter à 2,5%. Elle prévoit deux nouvelles hausses en 2019 ce qui conduirait à un taux de 3% fin 2019. Elle va également poursuivre la réduction de son bilan. La réaction très négative des marchés financiers pourrait bien lui faire revoir sa copie.


Mon décryptage :

La banque centrale américaine (FED) a commencé à durcir sa politique monétaire il y a trois ans quand pour la première fois, elle a augmenté son taux directeur de 0% à 0,25% en décembre 2015.


Elle a aussi commencé à réduire la taille de son bilan que la crise financière de 2008 avait gonflé. Rappelons que juste avant la crise, en août 2007, le montant du bilan de la FED s’élevait à 870 Mds de dollars, un montant qui a quintuplé pour atteindre 4500Mds de dollars le 14 janvier 2015. Soit une injection de liquidités dans l’économie de près de 24% du PIB contre 5% en 2007. Depuis, le bilan s’est un peu dégonflé mais reste toujours élevé à 4088 Mds de dollars. La FED s’autorise à le faire diminuer de 50Mds de dollars par mois.


Pour l’économie mondiale, cela s’apparente à un retrait des liquidités disponibles en dollars. Compte tenu du poids du dollar à la fois dans les échanges mondiaux et dans la dette mondiale, cela représente une menace pour la stabilité financière. On estime à environ 60% le montant des dollars qui seraient en circulation en dehors des Etats-Unis.


Les marchés financiers l’ont bien compris puisque l’indice large du marché américain, le S&P 500, a baissé de plus de 15% depuis début octobre. 298 des 500 sociétés représentées sont même en chute de plus de 20% par rapport à leur pic depuis un an.


Mais ce n’est apparemment pas l’avis du gouverneur de la FED qui vient de déclarer : « Nous ne voyons pas l’assainissement du bilan de la FED comme un problème ».


Une erreur de pilotage de la politique monétaire est en effet le principal risque qui pèse sur les marchés financiers.


Pourtant, dans sa dernière élocution, J. Powell a reconnu qu’il fallait prêter attention aux faibles anticipations d’inflation, à la faiblesse du marché immobilier et à la hausse du coût du crédit pour les entreprises.


Plusieurs observateurs en ont alors déduit qu’il avait agi ainsi pour bien afficher son indépendance vis-à-vis de D. Trump qui a publié de récents tweets agressifs à son égard.


Ma recommandation :

Le pilotage de la politique monétaire américaine est délicat alors que la croissance mondiale ralentit.

Cette période de tentative de normalisation s’accompagne naturellement d’un accroissement de la volatilité (amplitude des mouvements) sur les marchés financiers.

Il est possible que, face au risque que peut faire peser la chute du marché financier américain sur l’activité, J. Powell soit contraint de ne plus augmenter les taux en 2019.

Cela permettrait d’observer un répit. Sans stabilisation du marché américain, il est difficile d’être très optimiste sur les autres marchés (européens et émergents) alors même que les valorisations sont devenues très attractives.




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