L’année 2019 : rebond des marchés financiers émergents ?


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Les faits :

Un consensus semble se dégager de la part des plus gros gestionnaires d'actifs en faveur d’un rebond des marchés émergents pour l’année 2019, après une année 2018 qui se termine par une chute de près de 17% de l’indice (au 19 décembre). Les économistes au contraire s’inquiètent d’un ralentissement de la Chine. Les deux visions sont-elles compatibles ?


Mon décryptage :

Le mois de décembre est propice aux prévisions des gestionnaires d’actifs qui établissent leurs principales recommandations pour l’année suivante.


Un large consensus semble se dégager pour adopter une opinion plus favorable sur les pays émergents. C’est notamment le cas de Morgan Stanley, Goldman Sachs, Pictet, BNP Paribas, Natixis, et Crédit Suisse.


Le terme « Pays émergents » est représenté par un indice global (MSCI Emerging markets) qui est loin de refléter un groupe de pays homogènes. Il est constitué de 24 pays avec un poids important de la Chine (32%), suivie de la Corée (14%), de Taïwan (11%), de l’Inde (9%), et du Brésil (8%). Les 26% restant se répartissent entre dix-neuf autres pays. Au total, cela représente 10% de la capitalisation boursière mondiale, c’est-à-dire de la valorisation totale des marchés d’actions mondiaux.


Il n’y a pas de définition officielle pour déterminer ce qu’est un pays émergent. Leur point commun est d’être à un stade de leur développement économique qui doit leur permettre d’afficher un taux de croissance de leur économie nettement supérieure à celui des pays développés. Ils partagent ainsi plusieurs caractéristiques qui les différencient des pays développés : un PIB par habitant très inférieur ; une économie loin d’être mature, encore souvent très dépendante du secteur agricole et qui est en voie d’industrialisation ; un coût du travail plus faible ; une instabilité politique plus forte ; des monnaies plus instables et des marchés financiers moins développés. On peut d’ailleurs se demander pourquoi la Corée figure dans cet indice.


En 2018, ces pays ont souffert d’un transfert de capitaux vers les Etats-Unis. En effet, la forte croissance américaine, le durcissement de la politique monétaire, la hausse des taux d’intérêt et l’appréciation du dollar ont été autant de facteurs qui ont provoqué un afflux de capitaux vers les Etats-Unis au détriment de l’Europe et des marchés émergents.


La guerre commerciale initiée par D. Trump a également eu un impact non négligeable sur des pays exposés au commerce mondial. Elle déstabilise l’organisation mondiale du commerce et peut remettre en cause les flux des chaînes de production.


Enfin, les économistes ont révisé en baisse les prévisions de croissance économique mondiale. Concernant la Chine, le consensus des économistes prévoit une croissance de 6,2% en 2019 contre 6,6% en 2018, taux de croissance qui reste élevé mais qui est le plus faible pour la région depuis 28 ans. La Chine doit faire face à plusieurs défis : le ralentissement de la croissance du crédit dans un effort de désendettement, la dégradation de la demande mondiale et la montée des barrières douanières. La consommation des ménages restera donc le moteur de l’économie.


Les analystes financiers ont ainsi coupé de moitié leurs prévisions de croissance des résultats des entreprises chinoises en 2018 pour les faire passer de +20% au début de l’année à +10% aujourd’hui.


Mais de l’avis de Bruno Vanier, président de Gemway Assets, société de gestion spécialisée sur les pays émergents, « les marchés émergents ont déjà anticipé le ralentissement de la croissance chinoise. D’autre part, un accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis est probable. Avec des exportations qui représentent 20% de son PIB, la Chine doit tenir compte des revendications américaines. De son côté, D. Trump peut être sensible à la baisse du marché financier américain qui réagit maintenant de manière plus sensible à ce conflit sino-américain ».


Il existe de nombreuses belles histoires d’entreprises de croissance. Cela va d’Aia, leader de l’assurance-vie en Asie avec une croissance des résultats supérieure à 15% par an, à Amore Pacific devenue en quelques années un acteur important des cosmétiques avec 5,8Mds de dollars de chiffre d’affaires grâce au lancement de produits adaptés à la culture asiatique, en passant par Byd, 4ème constructeur automobile chinois avec 55% de ses ventes dans les véhicules électriques.


Ma recommandation :

L’investissement dans les pays émergents peut être envisagé pour bénéficier sur le long terme d’un potentiel de croissance supérieur à celui des économies développées.

On peut le faire à travers des fonds qui sélectionneront les meilleures opportunités.

Il existe en effet de nombreuses sociétés bien gérées qui bénéficient du développement de la consommation et des services, dont la croissance des résultats est forte et régulière.

Mais il faut avoir conscience de la volatilité de ces marchés dont l’évolution reste sensible aux flux de capitaux et donc à la politique monétaire américaine.




© 2019 Mes clés pour investir  par Olivia Giscard D'Estaing.  Site réalisé sous Wix par Easy Site Shop

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