Résultats des élections de mi-mandat aux Etats-Unis : statu quo ou nouvelles perspectives ?


Démocrates_républicains © Depositphotos

Les faits :

Les élections de mi-mandat qui ont eu lieu mardi 6 novembre aux Etats-Unis ont permis aux démocrates de prendre la majorité à la Chambre des représentants et aux Républicains de conforter leur majorité au Sénat.

Le Congrès, qui regroupe les deux chambres, entrera en fonction le 19 janvier 2019.


Mon décryptage :

Tous les 2 ans, plus de 230 millions d’américains sont appelés à voter pour renouveler la totalité de la Chambre des représentants (équivalent de notre Assemblée Nationale) et un tiers du Sénat. Cette année, ils ont aussi choisi 36 gouverneurs (chefs d’un des 50 Etats américains), 30 procureurs ainsi que de nombreux élus locaux (près de 6000 sièges).

A la Chambre des représentants, chaque Etat a droit à au moins un siège plus des sièges supplémentaires en fonction de la population de l’État concerné. Ainsi l’Alaska n’a qu’un seul représentant quand la Californie en compte 55.

Au Sénat, chaque Etat a deux élus quelle que soit sa population.


Ce scrutin de mi-mandat est la première occasion, pour les électeurs, de sanctionner un président au pouvoir.

Le Congrès peut en effet limiter le pouvoir du président en place. Au Sénat, une minorité peut décider de bloquer un projet de loi en pratiquant l’obstruction systématique (filibuster). Il faut une majorité des deux tiers pour mettre fin au blocage. Quant à la Chambre des représentants qui ne peut pas être dissoute par le Président, elle peut entraver des projets législatifs et étendre des commissions d’enquêtes parlementaires.

Ce contrepouvoir est destiné à forcer les politiciens à trouver un compromis plus représentatif des souhaits du peuple américain. Mais dans un pays de plus en plus polarisé, le risque devient une paralysie du système si aucun consensus ne se dégage.

Pour la première fois depuis 2010, les démocrates ont repris la majorité à la Chambre des représentants décisive pour la politique budgétaire. Les républicains conservent une solide majorité au Sénat, déterminant pour les nominations aux postes exécutifs (nomination des juges à la Cour suprême) et le contrôle de la politique étrangère.


Quelles peuvent en être les conséquences économiques ?


Deux sujets sont jugés prioritaires par les démocrates selon leur chef de file, Nancy Pelosi : la couverture santé universelle et le développement des infrastructures. Sur la santé, un compromis semble assez difficile puisque D. Trump s’est efforcé de « détricoter » la loi Obamacare. Des mesures pour réduire le prix des médicaments pourraient cependant être approuvées. Les deux partis se retrouvent aussi autour de l’idée de renforcer les infrastructures : un accord budgétaire est envisageable.

Enfin, plutôt que d’augmenter le salaire minimum comme le souhaitent les démocrates, une entente est possible pour réduire les impôts des ménages ayant les plus faibles revenus.


Mais il faudra trouver le financement de ces mesures, le déficit budgétaire atteignant déjà 3,9 % en 2018.


Concernant la politique commerciale internationale, D. Trump jouit d'une grande marge de manœuvre en étant autorisé à imposer des quotas et des tarifs douaniers sans l’accord du Congrès. Il n’y a donc pas d’impact des élections sur ce plan.


Ma recommandation :

La victoire des démocrates à la Chambre des représentants peut bloquer de nouvelles initiatives de D. Trump concernant la politique intérieure. Mais une remise en cause des décisions votées sera rejetée au Sénat. Il semble que des compromis soient possibles autour de la réforme de la santé et surtout d’un nouveau programme d’infrastructures de l’ordre de 1000Mds$. Cela permettrait de limiter le ralentissement de l’économie américaine inévitable en 2019 où l’impact des mesures fiscales sera moindre. Le rééquilibrage du pouvoir entre les deux partis est rassurant face aux excès maintenant contenus de D.Trump. La Fed (banque centrale américaine) pourrait ainsi avoir moins de pression pour remonter ses taux. Autant d’éléments plutôt positifs pour les marchés financiers. Les entreprises exposées aux infrastructures américaines sont à privilégier.




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