Rebond de l’or : un placement d’avenir ?


Lingot d'Or

Les faits :

Le cours de l’once d’or a progressé de 11% depuis le début de l’année, franchissant la barre des 1400 dollars, un plus haut depuis 2013, mais encore loin des 1900 dollars atteints en 2011. Au même moment, Judy Shelton, la candidate de D.Trump comme future membre de la FED (banque centrale américaine), invoque le retour à l’étalon-or, seul rempart ,selon elle, à la « manipulation » des monnaies. Signe d’un réveil de la « relique barbare » ?


Mon décryptage :

La hausse du prix de l’or depuis le début de l’année reflète un mouvement global des investisseurs en faveur des valeurs défensives. En effet, si les marchés actions progressent sensiblement sur le premier semestre, c’est à la faveur des sociétés dites « défensives » aux dépens des valeurs cycliques. De même, les devises refuges que sont le franc suisse et le yen se sont appréciées contre l’euro.


L’or peut ainsi être considéré comme une valeur refuge dans un environnement incertain.


Et personne ne peut contester le fait que l’environnement mondial ne soit source d’incertitudes : le montant total des dettes mondiales, avec 243 mille milliards de dollars, représente trois années de PIB mondial ; la croissance économique mondiale ralentit ; le commerce international est sous la pression des hausses de tarifs douaniers ; l’environnement géopolitique est menaçant avec les tensions dans le golfe persique ; sans parler de la montée du populisme, et des inégalités liées à l’inflation des actifs et en particulier de l’immobilier.


D’autre part, si elle a perdu son statut de monnaie de réserve depuis l’abandon de l’étalon-or en 1971, l’or n’en conserve pas moins l’avantage de préserver son pouvoir d’achat. Selon le journal financier américain « Barron’s, à 1400 dollars, l’once d’or permet l’achat d’un costume aujourd’hui comme ça l’était il y a cent ans avec un cours de près de 21 dollars.


Enfin, si détenir de l’or ne procure aucun rendement, il s’agit cependant d’un bien rare, indestructible, dont la production est limitée. En période de taux d’intérêts réels (taux d’intérêt moins inflation) très faibles, voire négatifs, comme aujourd’hui, l’absence de rendement n’est plus un obstacle à sa revalorisation, bien au contraire. Sur longue période, l’on constate en effet une corrélation favorable entre les taux d’intérêt négatifs et l’or.


Donner une valeur à l’or est cependant un exercice délicat. Historiquement, pendant les périodes du « Gold Exchange Standard » (1913-1944) et des accords de Bretton Woods (1944-1971), la valeur de l’or était arbitrairement fixée à respectivement 20 dollars et 35 dollars l’once. Mais depuis la fin de l’étalon-or, il n’y a plus aucune valeur de référence. Le prix de l’or fluctue au gré de l’offre et de la demande sur le marché financier.


Le marché de l’or est relativement stable et équilibré. La demande provient pour près de 50% de la bijouterie et pour environ 8% de l’industrie (technologie).

Du côté de l’offre (production et recyclage), celle-ci progresse de moins de 2% par an.

La variable d’ajustement vient donc de la demande en provenance des banques centrales et institutions financières (14%) et des investisseurs (28%).


Un appétit pour le placement-or qui semble se réveiller.

En 2018, les banques centrales et institutions financières ont en effet acheté un volume de 657 tonnes d’or, soit le montant le plus élevé depuis la fin de la convertibilité de l’or en dollar en 1971 ! C’est une augmentation de 74% sur un an qui s’est prolongée au premier trimestre 2019 avec une hausse de 68%.

Les raisons de ce nouvel engouement ? Selon le Conseil mondial de l’or (World Gold Council), il s’agit de diversifier les réserves de change pour moins dépendre du dollar et « se prémunir contre les changements structurels à venir dans le système financier international ».


Ce que j'en pense :

Si l’adage « don’t fight the FED » (ne lutte pas contre la banque centrale américaine) a toujours un sens, l’investissement en or reste un placement à considérer. On peut l’appréhender sous deux angles : un moyen de conservation de son pouvoir d’achat sur le long terme et une assurance dans un monde géopolitiquement instable. Dans un univers de taux d’intérêts réels faibles, voire négatifs, son absence de rendement n’est plus un obstacle. Avec un endettement mondial record, on voit mal comment les taux d’intérêt réels (hors inflation) pourraient remonter. Et même dans ce cas, compte tenu du chaos que cela produirait, l’or servirait de refuge. C’est donc un actif à détenir si l’on ressent une certaine défiance par rapport au système financier et monétaire mondial. Notamment si la nouvelle théorie monétaire américaine (Modern Monetary Theory) est effectivement appliquée, provoquant l’envolée des déficits budgétaires.

L’or a l’avantage d’être sur un marché libre, non administré. En vingt ans, depuis la création de l’euro en janvier 1999, l’or en euro s’est apprécié de 7,8% par an. Peut-être faut-il attendre la prochaine décision de la banque centrale américaine le 31 juillet prochain pour renforcer ses positions ? Tout le monde s’attend à une baisse des taux qui, si elle n’intervenait qu’en septembre, pourrait décevoir.







© 2019 Mes clés pour investir  par Olivia Giscard D'Estaing.  Site réalisé sous Wix par Easy Site Shop

Suivez moi aussi sur

  • Gris Facebook Icône
  • Grey Twitter Icon
  • Grey LinkedIn Icon