Une année 2019 record pour les IPO = exubérance irrationnelle ?


© The Indian Express

Les faits :

L’année 2019 devrait être une année record pour les IPO (Initial Public Offering ou introduction en bourse) aux Etats-Unis. Il n’y aura jamais eu autant de « décacornes » proposées au public, c’est-à-dire de sociétés encore privées qui s’introduisent en bourse avec une valorisation dépassant les 10 milliards de dollars. Un signe que les valorisations sont au firmament ?


Mon décryptage :

Selon Renaissance Capital, une société américaine spécialisée dans le conseil sur les IPO, plus de 100 milliards de dollars de capitaux devraient être levés aux Etats-Unis en 2019, un record jamais égalé même au plus fort de la bulle internet en 1999-2000.


Après Lyft (24,3 Md$, VTC), Zoom Video Communications (10 Mds$, visioconférence), et Pinterest (12 Mds$, banque d’images), sont attendues en 2019 Uber (100 Mds$ estimés, VTC), WeWork (47 Mds$ estimés, co-working) et Slack (16,7Mds$ estimé, messagerie collaborative d’entreprise).


Comme en 1999, au moment de la « bulle internet », l’une des principales caractéristiques de ces introductions en bourse est que plus de 80% d’entre elles réalisent des pertes, parfois très significatives, et qu’elles sont valorisées en multiples de leur chiffre d’affaires. Sur un échantillon de dix sociétés qui publient des résultats trimestriels, « The Economist » a constaté que si les ventes ont doublé depuis mi 2017, le résultat se traduit par une perte opérationnelle moyenne de 30%. Pour la seule année 2018, le montant des pertes cumulées a atteint 14 milliards de dollars.


Ainsi, le 29 mars, Lyft, le numéro deux des VTC (véhicules de transport avec chauffeur) et grand rival d’Uber, a été valorisé plus de onze fois son chiffre d’affaires 2018 (2,16 milliards de dollars) alors que la société a dégagé une perte de 911 millions de dollars.


Jeudi 18 avril, Pinterest et Zoom Video Communications se sont introduites en bourse avec des valorisations de respectivement 16 et 30 fois les ventes réalisées en 2018.


Il s’agit en effet pour ces sociétés de grossir le plus vite possible afin d’atteindre le plus grand nombre d’utilisateurs qu’ils pourront alors « monnayer » par un abonnement au service ou par de la publicité. Avec le développement des nouvelles technologies (smartphones, réseaux sociaux, cloud computing), les sociétés peuvent en effet rapidement accéder à une gigantesque base de clients.

Pinterest a réussi en neuf ans à attirer pas moins de 265 millions d’utilisateurs par mois même si elle réalise encore des pertes (130 millions de dollars).


Celui qui affiche une confiance inébranlable dans le succès de ces sociétés est Masayoshi Son (Masa), président directeur général de Softbank, un conglomérat japonais, devenue la plus importante entreprise mondiale de capital-risque.


Avec la création fin 2016 du « Softbank Vision Fund, le plus gros fonds technologique mondial avec un actif de 100 milliards de dollars, « Masa » a l’ambition de créer le plus grand écosystème d’entreprises technologiques mondiales. Le fonds est actionnaire de plusieurs des sociétés qui vont être cotées en bourse cette année : Uber, WeWork, Slack (messagerie collaborative en entreprise). « Masa » a été l’un des premiers à croire en Alibaba (commerce en ligne chinois) en investissant 20 millions de dollars en 2000, devenus 60 milliards de dollars lors de l’introduction en bourse en 2014. Depuis, le cours d’Alibaba a encore doublé en cinq ans.


« Masa » ne se préoccupe pas de savoir quand l’entreprise sera bénéficiaire mais plutôt si elle s’adresse à un très vaste marché avec un produit « disruptif ».


Ce que j'en pense :

La rapidité des progrès technologiques actuels favorise l’essor de nouvelles entreprises qui peuvent rapidement atteindre une taille significative. La « Silicon Valley » abrite un nombre croissant d’entre elles : le nombre d’unicornes (valorisation supérieure à 1 milliard de dollars) est passé de 38 en 2013 à 156 aujourd’hui (source CB Insights).


Cela représente un vivier pour les introductions en bourse.


Encore faut-il savoir détecter les gagnants dans un monde très compétitif et en rapide évolution.


D’autre part, les valorisations actuelles anticipent déjà une large partie des succès escomptés ce qui rappelle de mauvais souvenirs.







© 2019 Mes clés pour investir  par Olivia Giscard D'Estaing.  Site réalisé sous Wix par Easy Site Shop

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