Une croissance de 4,2% aux Etats-Unis : une mauvaise nouvelle ?

Mis à jour : 7 sept. 2018


© Photo AFP/Tasos Katopodis

Les faits :

La croissance américaine s’est accélérée au second trimestre avec un PIB en croissance de 4,2% contre 2,2% au premier trimestre. La confiance des ménages atteint en juillet le plus haut niveau depuis 17 ans. Ce n’est pas le cas dans le reste du monde où le rythme de croissance ralentit en 2018 par rapport à 2017 : il passe de 2,6% à 2,1% en Europe et de 6,9% à 6,6% en Chine.


Mon décryptage :

Cette accélération est la conséquence d’une baisse massive des impôts : taux d’impôt sur les sociétés passé de 35% à 21%, baisse de la taxe sur le rapatriement de capitaux de 35% à une fourchette de 8-15,5%, et plusieurs mesures fiscales favorables aux particuliers


Ce qui va creuser le double déficit : le déficit budgétaire devrait approcher 4,2%du PIB et le déficit de la balance courante 2,6% en 2018.


Et peser sur les besoins de financement mondiaux


Cela encourage la banque centrale à poursuivre sa hausse de taux


Ce qui menace les pays et les entreprises endettés en dollars


Le dollar domine encore le monde avec 87% du marché des changes, 61% des réserves de change, 57% des prêts bancaires alors que les Etats-Unis ne représentent qu’un quart du PIB mondial


L’accélération du rythme de la croissance américaine diffère du reste du monde dont le rythme est plutôt en train de ralentir. Cette désynchronisation de la croissance mondiale peut amplifier les effets du durcissement monétaire américain.


Les flux de capitaux risquent de s’orienter vers les Etats-Unis au détriment du reste du monde.


Ma recommandation :

Cette désynchronisation de la croissance mondiale est un facteur de déstabilisation des flux de capitaux. La volatilité des marchés financiers risque d’être de retour. Mais depuis la crise financière de 2008 a été créé le « Conseil de Stabilisation Financière » (Financial Stability Board) qui réunit 24 pays pour coordonner leurs efforts afin de stabiliser le système financier mondial. En tant que banque centrale de la plus puissante économie du monde, la FED reconnait parfaitement sa responsabilité et son rôle en la matière. Si la crise de certains pays émergents menace la stabilité financière mondiale, il n’y a pas de doute qu’elle interviendra. Constituer des liquidités pour passer cette période dont l’instabilité est renforcée par la guerre commerciale américaine.



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